Des news ! Voilà une dizaine de jours qu'on bronze au soleil des Tuamotu (sisi, après 8 mois de voyage -8mois ! on n'est pas fiou –fatigué de bronzer). C'est pas un scoop, mais quand même les Tuamotu, ça déchire, encore, un max. Ici la nav est un peu plus casse-tête, car pour rentrer ou sortir des atolls vaut mieux attendre l'étale (de basse mer c'est encore mieux) ; avec la marée, le courant dans la passe peut en effet être violent, à certains endroits jusqu'à 9 nœuds. Pour aller d'atoll en atoll, il faut ainsi sortir à marée descendante et rentrer à marée montante, ce qui oblige par exemple à faire du ralenti à 3 nœuds de moyenne sur 60 milles, bien sûr lorsqu'il y a 20 nœuds de vent…
Notre 1er ancrage à Tahanea s'effectue comme il se doit parmi les patates de corail dans 6m d'eau, c'est « scénique » au possible, d'un calme parfait. La traversée a été hyper confortable, on est frais comme des gardons, on enfile les lycras et les PMT, à nous l'aquarium ! On n'est pas déçu, ça grouille et ça frétille là-dessous. Poissons cochers, poissons papillons de toutes les sortes, rayés, de mille couleurs, ceux avec un petit museau fin tout choupi, petits bénitiers bleu ou vert turquoise, violets, murène, chevaliers, poissons trompette d'1m, petits requins pointe noire… les parents hallucinent mais nous aussi. On découvre le PMT dérivant : juste après l'étale, quand le courant rentre dans l'atoll, on va en dinghy dans la passe et on saute à l'eau en restant accroché, équipés de nos palmes masques et tuba et on n'a plus qu'à admirer le décor qui défile sous nos yeux. On a fait ça dans les 2 petites passes à Tahanea et aussi à Kauehi, c'est magnifique. Le corail tapisse chaque cm2, c'est jaune, vert, violet, marron, bleu, rose, en branches, en touffes, en plaques, arbustif ou rond, et ça et là flottent des armées de nasons (poissons avec un rostre), des rivières mouvantes de chirurgiens, 4 ou 5 requins, parfois une raie manta ou une raie léopard, un gros napoléon tranquille, des mérous de taille indécente, des carangues, des gros balistes peureux, une paire de bonites, et blablaabla. C'est : mortel.
Tahanea est inhabité mais on rencontre 2 pêcheurs de l'atoll voisin venus pêcher les langoustes. Tenez-vous bien, ils nous en offrent 11, et des belles ! Olala mais comment on va faire pour manger tout ça ? Rassurez-vous on trouve des solutions, la classique avec une bonne mayo maison puis plus chiadée, flambées au pastis (la botte secrète de Pierre, imparable pour épater les beaux-parents). Et par-dessus le marché, ils nous donnent leur plus gros crabe de cocotier… le bestiau doit bien faire ses 2 kilos. On est content de donner des citrons, bananes et pamplemousse des Marquises à ces gentils pêcheurs, sur le sable des atolls rien ne pousse hormis les cocotiers.
A Kauehi on mouille devant notre 1er village paumotu (l'adjectif de Tuamotu) et on fait connaissance avec les habitants. Ils ont l'air au moins aussi cool que les Marquisiens… décidément la Polynésie, c'est top. On est pile poil à temps pour les festivités, le mois de juillet c'est fête partout en Polynésie, il y a des stands, des jeux, des danses et des tournois de sport dans tous les villages. On se jette sur les snacks, c'est tellement rare un steak frite…
L'unique autre bateau au mouillage est Na Maka, une famille sur un cata qui a l'air plus qu'habituée du coin (ça fait 6 ans qu'il reviennent ici, ils connaissent les 250 habitants de l'ile). Ils nous donnent plein de tuyaux, sur la météo, les mouillages, la ciguatera –ne manger de mérou sous aucun prétexte ! et nous recommandent d'aller déjeuner à la pension de l'autre côté de l'ile qui est super classe. C'est un véritable paradis les pieds dans l'eau. Sous l'eau, un « jardin de corail » de toute beauté. On se régale de carpaccio de thon et d'un filet de mérou au beurre… excellent, mais mauvaise pioche pour maman… oui, a posteriori, Jérôme nous avait bien dit… maman se retrouve donc le soir avec une crise de gratte, l'autre nom de la ciguatera.
Diarrhées, vomissements, vertiges, perte de sensation, fatigue extrême, tous les symptômes y sont, c'est terrible. 48h affreuses, mais la crise n'est pas trop trop grave ; ça gratte, ça veut dire que le pire est passé –mais protéines animales proscrites pendant 1 mois et pas de poisson pendant 2.
On se rend à Fakarava le 10 juillet pour que les parents puissent prendre l'avion pour Papeete. Manque de pot, c'est la grève à Air Tahiti… pas moyen de partir d'ici !? Euh, peut-être le mini cargo de marchandises arrivé ce matin ? On se renseigne, il retourne en effet à Tahiti et part dans… 2h ! OOOLA on trace au bateau faire les valises en catastrophe et on file des noodle, du pain et de la soupe aux parents. C'est parti pour une « croisière roots » (les passagers se débrouillent pour manger et boire, il n'y a rien pour eux sur le cargo), mais vu les textos ça a l'air de bien se passer ; le bateau fait escale à Toau, Arutua et Apataki, que demander de mieux ?
Nos vacanciers débarqués, on file à la passe sud pour se protéger du Ma'aramu, un fort vent de Sud Est qui rend le mouillage au Nord inconfortable. Y'a déjà 30 nœuds, ça tombe bien on a 6h à faire au près serré… on vous écrit par iridium de là, où a priori le mouillage a l'air parfait (sauf qu'on a mis l'ancre pile sur une grosse patate de corail aie aie). Puuur spot de plongée apparemment (on vous dira, mais rien qu'au ponton on a vu des dizaines et des dizaines de requins par transparence, de même que sous le bateau), blue lagoon a volo et on a vu des kite sortis… attention, ça va faire très, très mal.
Nana alors… (nana = au revoir en Tahitien, et n'oubliez pas de rouler le r de alors). PS : on s'est dit que lorsqu'on aura cumulé 20 textos sur l'iridium à partir de maintenant, on balancera les photos, peut-être. Il n'y a pas toujours internet au paradis ...