jeudi 29 mars 2012

5eme jour de traversee

Derniere position : 2N15,59 et 82W56,00

 Le parfait look du bateau de voyage au long cours avec les bidons de gasoil (pas moyen d'en trouver de même couleur et taille...à la manouche)

Pierre preleve les filets de Wahoo
On a fait 122 milles le 3eme jour, en alternant des periodes calmes ou on rame pendant la nuit et des bonnes moyennes sous spi la journee. Mais la, le spi est rentre (un peu en vrac...) dans la cabine avant, et la brise
Yanmar a pris le dessus (=on a mis le moteur en marche), il y a exactement 0 de noeud de vent.
On a mis le cap au 240 pour echapper aux courants contraires qui remontent vers le nord jusqu'a 250 milles des cotes, alors qu'habituellement ils restent a 150 milles du continent. On a relu le fichier "Comment minimiser la galere" du site Sail The World concernant la traversee Panama- Galapagos...

En fonction de la meteo, de nos reserves en gasoil et si on a envie de se taper des formalites compliquees cheres, on decidera si on s'arrete aux Galapagos ou si on descend plus au Sud (3 degres Sud) chercher les alizes de Sud-Est et les + de 3000 milles qui nous separeront encore des Marquises. Ne vous inquietez pas, Jotys est full full de bouffe et d'eau, et tout va bien !

mardi 27 mars 2012

3eme jour de nav : on touche la petole

Coordonnees actuelles : 5 02,82N et 80 41,55

Loch journalier 1er jour : 116 milles parcourus dont 2h au moteur. Periodes de calme ou on s'est traine a moins de 3 noeuds (on veut economiser notre gasoil pour la suite); le vent est monte a la tombee de la nuit a 25 noeuds, Jotys file a 9 noeuds sur une mer assez plate. Comme "le bon moment pour prendre un ris est exactement le moment ou on pense qu'il faut prendre un ris", on met en pratique l'adage et on reduit la toile a la frontale. Au petit matin le vent tombe et on s'envoie le spi en 35 minutes - 1ere fois a 2, on va tacher d'ameliorer cette pietre performance !

Pour ce 1er jour en mer, la nature nous fait la fete : sauts a 2m suivis de gros splaaash!! ou course-pousuite de dizaines et dizaines de raies, les dauphins plusieurs fois plus un gros cetace grogneur au loin (mais qu'est- ce que c'est que ce bruit de camion??). Une dorade coryphene de 3 kg vient se prendre a la traine, et le lendemain une petite bonite.

Merci beaucoup a Asteria pour les infos meteo, on continue a descendre au  208... si t'es toujours motive ben on est toujours preneur !

Loch 2eme jour : 120 milles.
Le vent est tombé (5 noeuds apparents) mais on ne lache rien avec notre spi... Heureusement comme prevu, on a chope un noeud de courant favorable. A+




samedi 24 mars 2012

Depart pour les Galapagos ou plus si affinites

Voila une dizaine de jours qu'on squatte aux Perlas avec nos potes de Plume. L'eau est super froide (22 degrés, la faute au courant de Humboldt), pas aussi claire qu'aux San Blas et garnie de méduses.. et il y a 5 mètres de marée. C'est la Bretagne ! Ah non, il fait quand même beau et le thermomètre ne décroche pas des 31 degrés. Les mouillages sont super sauvages, y'a plein d'oiseaux, beaucoup moins de monde, des feuillus au lieu des cocotiers, et des bigorneaux dans les cailloux (pas de jolis poichons coralliens).

Nous partons demain 25 Mars pour les Galapagos. On attendait le vent, il n'est toujours pas la, on part quand même en ayant refait des provisions de gasoil. Nos coordonnées actuelles: 8 23N, 78 50W (-->Google Earth). On fera route au 206 vers Malpelo puis toujours Sud pour passer le pot au noir à la perpendiculaire. C'est une zone généralement sans vent, orageuse, située autour de l’équateur (également appelée Zone Intertropicale de Convergence). Arrivés à la latitude des Galapagos, on part vers l'Ouest  pour profiter du courant équatorial, qui devrait nous pousser vers l'archipel. Sauf si on décide de snober les Galapagos et faire plutôt route vers les Marquises !!

On essaiera d'envoyer notre position de temps en temps sur le blog : Bartoche si tu nous lis (sinon Nico on compte sur toi pour faire passer), on est preneur de routage meteo par SMS sur l'Iridium :) avec les dernieres news, et c'est valable pour tout le monde.

On rappelle la procedure :
- aller sur http://messaging.iridium.com/
- completer la rubrique « To » avec : 881632528561 (notre Num iridium)
- completer « Reply Email » avec votre adresse mail pour qu on sache qui
c'est, ecrire jusqu'à 160 caractères et click « Send message ».
C'est gratuit pour vous et pour nous !
A bientot, Lili et Pef.

mercredi 14 mars 2012

Premiers milles dans le Pacifique

Ca y est on part ! Maintenant ! Direction les Perlas ou on attend la bonne fenetre meteo pour la traversee vers les Galapagos. On n'ecrira plus pendant un petit moment, mais ecrivez-nous ! Bibis
La citation du jour : "I'm so excited !!!!!" (le Capt'n)

dimanche 11 mars 2012

Double passage du canal de Panama en 36h : qui dit mieux ?

Vla 3 articles m'sieurs dames, 3 ! Bonne lecture !

Nous partons le 29 Février de Porto Bello vers Colon. On a retenu la leçon précédente, on part avec 2 ris dans la GV, c’est suffisant pour arriver de bonne heure au Club Nautico (le mouillage le plus ripou de la terre, souvenez vous). Sans perdre de temps, Pef appelle une espèce de faux agent, Tito, et négocie un prix pour 20 pneus - nos défenses de compèt pour le canal, 4 aussières de 40m –pour se tenir au mur dans les écluses, et un faux certificat de fumigation –obligatoire pour les Galapagos. Le lendemain on poireaute une paire d’heures dans les administrations pour obtenir notre zarpe de sortie, on file à la Free Zone (la 2eme plus grande du monde après Hong Kong) acheter de l’antifouling pour cargo (bouuuh ! y’a des écolos qui ne seraient pas très content(e)s… mais ils peuvent venir gratter la coque de Jotys toutes les semaines pour voir) en prévision d’un carénage futur. On profite pour acheter des boardshort à 8 ou 10$ (seule exception à la règle : Pierre ne fait jamais de shopping, surtout pas avec moi, sauf pour des fringues de surfeur winner –ah si et la dernière fois pour un ipod). 

2 Mars, 12h, départ pour les Flats où on attend notre Advisor, avec l’équipage de Plume -Jean-Pierre, Mireille et Martine pour nous assister (il faut être 5 pour les manœuvres). A 14h15 on décolle, direction les 3 écluses de Gatun qui nous font monter de 26 mètres au total. 1ère écluse, un remorqueur (tug) se met contre le mur, le voilier Jason se colle à lui, et nous contre Jason. On monte, Pierre remarque : la barre est super dure, j’arrive pas à la bouger.. c’est peut être à cause du courant ? Les niveaux d’eau s’égalisent, on se détache. Ahh !! toujours pas de barre, on commence à partir en vrille (y’a des gros bouillons, un vrai chaudron de sorcière), « vite marche avant, raccrochez-vous ! » ordonne l’advisor. Bon, on était sous pilote auto, dans les manœuvres quelqu’un a du appuyer sur le bouton AUTO par mégarde. 2ème écluse, on répète les mêmes manœuvres.
On est à nouveau pris dans des remous infernaux, le bateau a le flanc contre le courant, on pivote, in-manoeuvrable, aie aie aie le mur se rapproche, Mireille chope vite fait un pare-bat' et réussit à amortir le 1er choc du balcon avant contre la paroi. Mais crrrrr, l’ancre râpe le mur, et le balcon s’y raye un petit peu. Quel stress ! On reste tendu à bloc pour la suite ; on traverse le lac Gatun pendant quelques heures, on se fait doubler par des porte-containers gigantesques, on suit toujours les bouées le long du Gaillard Cut.
La nuit est tombée. On aperçoit sur les berges des pelles énormes qui raclent le canal, des bennes monstres qui récupèrent des tonnes de boue, le tout dans la lumière blafarde des spots… on se croirait au cœur d’un film de science fiction, c’est démesuré, ahurissant, presque flippant. 

On arrive aux Pedro Miguel Locks qui nous descendent, puis au Miraflores Locks. Le courant nous entraine, glouglougloup y’a des turbulences dues au mélange eau douce/ eau salée, ça y est Jotys glisse, incontrôlable, comme une savonnette. Heureusement, heureusement, on a un propulseur d’étrave : une hélice motorisée qui permet faire pivoter l’avant du bateau (la plupart des bateaux de notre taille n’en ont pas). Jean-Pierre le fait tourner à fond, ce qui nous permet d’éviter le mur in extremis. Dernière écluse : Jason doit s’attacher au mur et nous, nous mettre sur son coté droit. On a un porte-contener aux fesses, qui pousse déjà pas mal d’eau devant lui, plus 2 remorqueurs côte à côte, qui nous collent au cul à 10m, et qui luttent contre le courant en envoyant des grosses marches arrières. Ce qui multiplie le courant qu’on se prend ! on arrive à pleine balle sur Jason qui ne s’est pas encore attaché, on va vite, trop vite ! Pierre fait ce qu’il peut pour freiner le bateau en faisant des coups de marche arrière mais le pas de l’hélice nous déporte fatalement à gauche, c’est la misère, on rentre dans Jason, on se coince dedans… les pneus remplissent leur boulot, ouf, pas de casse non plus. Ca y est, c’est fini ; on est épuisé, la tension se relâche un peu, mais au sortir du canal on manque encore de se prendre une épave, pourtant bien indiquée. Coup de barre à bâbord, on a eu chaud ! Il est 1h30 du mat, on mouille à la Playita, on tombe comme des masses…

mais réveil à 6h00 !!!

Eh oui, on doit se dépêcher de regagner Colon pour faire passer la canal à Plume (un Bavaria 38). Ils devaient passer le 4 Mars mais les autorités du Canal font ce qu’elles veulent : elles appellent le 2 au matin pour dire « Plume, vous passez le 3 ! sauf si vous voulez passer le 24 Mars ». Chaud chaud le timing ! On chope un taxi pour Panama City, à 8h30 on est dans le bus, à 10h30 Good Morning Colon. On gruge une dernière fois le Club Nautico. Depuis notre dernier passage ils ont changé la règle, ce n’est plus 5$ par annexe mais 3$ par personne, et un bracelet de couleur pour dissuader les tricheurs comme nous : du gros n’importe quoi, car y’a juste zéro service derrière – c’est du vol ! On se sauve aux Flats, il est 12h30. 2h de répit (sieeeeste !) et c’est reparti. 

Cette fois-ci, on a une configuration ‘normale’, comme ce que les livres expliquent en large et en travers : on est 2 bateaux accrochés ensemble, celui de gauche est attaché à gauche au mur, celui de droite à droite. Tout se passe en douceur, sans stress, sans bavure, les manœuvres sont toutes délicates, au poil. Dans le lac Gatun, on s’attache même à une tonne pour dormir 40 min (d’un sommeil de plomb) car on est en avance. Dans la dernière écluse, cette fois-ci pas de méchants tugs, et le porte-container est vide donc n’a pas besoin de faire tourner son hélice : il se laisse tirer par 2 petites locomotives sur le coté, c’est vachement plus tranquille !  A 2 monocoques, on est comme un catamaran avec ses 2 moteurs, bien plus manoeuvrable… un vraie promenade de santé que cette 2eme traversée !

On arrive à 3h du mat’ ; Jean-Pierre et Mireille nous ont laissé leur cabine à l’arrière, cabine propriétaire méga grande qui fait toute la largeur du bateau. On est comme des rois ! Et au lever, un méga petit dèj nous attend, tout est prêt… c’est comme chez Papa-Maman, en plus tout est nickel, bien rangé ; on voudrait bien rester quelques jours de plus !

Merci à Martine pour les photos ; on n'en aurait pas prises sinon ! Allez voir "Où est Jotys" et zoomez pour avoir une idée du trajet. Pour l'heure, on se prévoit un départ mercredi 14 Mars prochain pour les Perlas. Méga courses demain, le marché au fruits, les pleins d'eau et de gasoil mardi, et si Dieu veut mercredi on se tire d'ici :)

Interlude singulier dans le bush

Bye bye les San Blas, nous nous dirigeons vers Colon, et avons prévu un petit stop de 2 jours chez Miguel. C’est un Français qui a construit des cabanes dans la forêt. Tous ceux qui le connaissent nous ont dit : 1) il est génial vous verrez 2) il fait trop bien à manger 3) la forêt aussi, c’est bien. Nous laissons Jotys à l’abri dans la mangrove à Panamarina et partons en bus de bon matin. Mel qui nous rejoindra le soir, nous donne les bonnes indications, et après avoir traversé la rivière à pied et monté un petit quart d’heure, Miguel nous cueille à 2 pas de chez lui. Et sur qui tombons-nous ? La famille belge du cata Wakame (dont les petits sont fan de nos nuggets de pez pollo) ainsi que leurs potes Céramaje. Nous arrivons, ils partent. On profite en toute quiétude de la rivière ; quel luxe  de se baigner dans de l’eau douce ! 


Les repas ne nous laissent pas déçus… d’une part c’est fort bon, de l’autre on soupçonne Miguel de calculer la quantité de bouffe en faisant le nombre de personnes à table, fois 3. On est 4 ; Pef compte pour 2, Mel compte pour 2, Miguel 1 et Lili 1,5… c’est ca, le repas fini il en reste facile pour 6 personnes !

Miguel, ou la rencontre formidable avec un ancien guérillero du Salvador au cœur immense, qui a pour maison la jungle. Son rêve est d’avoir une finca autonome (cultiver ses légumes, pêcher a la rivière ou chasser, etc). Il y a des gens comme ça dont le contact, même au bout de quelques heures, quelques jours, vous change… ce bonhomme-la en fait partie.  

Il nous emmène au Saut du Tigre, une superbe occasion pour se dégourdir les jambes. On prend notre temps pour marcher, 2h30 aller. Et là, y’a un car entier de Japonais avec leurs appareils photos sur le site. Nan, j’rigole. On se baigne peinard dans la belle vasque, et Miguel allume un feu en 2 secondes pour griller les saucisses. Puis les garçons me posent la question : on rentre par le même sentier, ou on fait le retour par la rivière mais c’est plus dur et il faut compter 4h+ de marche ? J’hésite, mais en repensant au nombre incroyable de crêpes que j’ai ingurgitées au petit dej, je n’hésite plus : par la rivière. 

On descend donc de caillou en caillou, puis à travers la jungle touffue, en alternant. La forêt me fait penser à la forêt guyanaise, il y a des multitudes de palmiers, des lianes un peu dans tous les sens, on entend des toucans, on voit des traces de tattoo. Miguel nous raconte ses histoires, ses stages de survie, nous parle d’’azimut brutal’ (tu traces tout droit ton chemin avec ta machette) et de ‘nuit guerrière’ (tu dors juste tout seul dans la jungle, sans feu ni rien). Les 3 chiens qui nous accompagnent se lancent tout excités à la poursuite de pécari, de paca et autre menu gibier, mais sans succès. Au bout des 7h de randonnée, ils font moins les malins, nous non plus !

On quitte à regrets Miguel, son rire et la nature qu’il chérit tant. C’est qu’un programme chargé nous attend !
Les photos sont dans "+ de photos", allez les voir et ne vous désabonnez pas siouplait ! :D

San Blas forever

Ayé ! Nous voilà dans le Pacifique ! On a traversé le canal de Panama le 2 Mars, non sans mal, mais enfin nous y sommes. On se donne au moins 10 jours pour les préparatifs de la traversée via les Perlas jusqu’aux Galapagos puis aux Marquises, après quoi vogue la galère !

Mais oublions le roulis incessant du mouillage et notre to do-list infernale, parlons encore des San Blas. On a plein la tête les petites navigations en amoureux (nos 1ères), quelques milles à peine pour caboter d’ile en ile, les gentils dauphins 1 fois sur 2, la mer plate et du bon vent, les bons ingrédients pour de bonnes sensations de glisse avec Jotys.

Comme d’habitude, nous étions un petit peu débordés avec nos activités :
- La journée commence par 1h environ de travail, c’est une règle qu’on a inventée dans un moment d’égarement. Travail avant le p’tit dèj je précise !! Comme ça on a faim et on est efficace (mais quand ça tourne au ‘on a faim et on est de mauvaise humeur’ on arrête). Style on brique le pont, on gratte la coque (les algues poussent au moins 100 fois plus vite que les cheveux de Pef c’est une catastrophe, notre antifouling est naze), on (Pierre) remplace sous l’eau l’anode du propulseur d’étrave, on répare un placard, on nettoie le guindeau, on range le bateau (le désordre : une maladie chronique de Jotys). On peut néanmoins déroger à cette règle surtout si c’est Dimanche et que le Chef propose des crêpes au petit dèj - Manu n’est plus là mais on ne se laisse pas abattre !
le chantier perpétuel...
- La bonne résolution précédente est caduque les jours où Pierre, à 6h du matin (normal) allume son nke et regarde son anémomètre. A partir de 14-15 nœuds de vent, il est un peu énervé. A 16-17, il est complètement excité. A + de 18, il trépigne d’impatience et tourne/saute/court dans tout le bateau, et si malgré tout ça je dors encore il dit, ou plutôt il crie « Lili, viiiiiiite, il faut sortir les kite !!! ». On tente plusieurs endroits : le 1er à Isla Verde, ça envoie trop de pâté, on fait des sauts de mabouls et y’a trop de raies pastenagues qui sautent à l’approche des kiteurs fous, magique ! (moins magiques les courbatures pendant 3 jours). Après d’autres tentatives pas très fructueuses, on trouve enfin le spot idéal à Banedup dans les Lemon Cays, du coup on y reste une semaine. Le pied ! On se paie même la traversée complète jusqu’à Chichime (à 3,5milles de là) pour aller dire bonjour aux copains sur Eolia. Ils dorment encore, on les réveille…ils ont de la chance, eux, d’être encore au lit à 8-9h. Même les Kuna sont à donf : Justino nous regarde avec intérêt le 1er jour, mais plus ça va, plus il a envie d’essayer. On lui répond : c’est compliqué et ça coûte cher… Un soir Pierre lui dit pour rire « je te fais essayer mais tu viens travailler 2 jours sur mon bateau (c’est son job à Justino, il brique les ponts, gratte les coques etc) » - il rétorque « pas de problème je vais travailler sur ton bateau » !! Le lendemain il revient à la charge « combien ça coûte un kite, 100, 1000 ? parce que je voudrais en acheter ». Les Kuna, leurs noix de coco, leurs pirogues… qui l’eut cru. 

- Si pas de kite, Pierre va à la chasse, généralement avec un copain, généralement Tom de Vanille. Ca prend déjà 2-3h, au bout desquelles il rentre au bord de l’hypothermie (même à 29°, l’eau est froide au bout d’un certain temps) avec le repas du midi/soir s’il a de la chance, cf post précédent. On rapporte le commentaire de Coco sur la pêche qui nous a fait bien rire : Romain a le rapala qui le démange ! Lili se contente d’un peu de PMT mais pas trop, madame est frileuse. 

le Capt'n check son moteur
- Bricoler, encore bricoler : c’est la dure loi du bateau. La réussite la plus notoire est la réparation de l’éolienne grâce à Tom. Il parvient à trouver la source du problème : l’éolienne était mal équilibrée et n’arrivait pas à se mettre correctement face au vent, d’où un rendement quasi nul. Un panneau est donc rajouté sur la queue de l’éolienne pour agrandir l’empennelage, ainsi qu’un poids : ça marche ! On a du jus, on est keutent, on n’a plus jamais mis le moteur pour recharger les batteries depuis.
Grâce à la solidarité des marins, on résout aussi notre problème de gaz : Daniel le Canadien nous dégotte un raccord bouteille US/détendeur. Puis on demande à tout hasard à Blow me away, le bateau voisin qui porte pavillon américain « vous n’auriez pas un détendeur de rab ? »« mais si, tenez » ah, cool ! gratos, et l’embout tétine détendeur/tuyau qui va avec. En échange de quoi ? D’une leçon de kite ! Oui, sauf qu’on essaie de faire rentrer le Ricain dans le harnais taille S de Lili, mais échec..

- Qui dit amis marins dit apéros. Et comme on a plein d’amis, on fait plein d’apéros. On rencontre des sacrés hurluberlus. Alex qui fait lui-même son vin, sa bière, son fromage, son tofu (!), son huile de cannabis… Le gars de Blow me Awa nous raconte ses histoires de pêche, il ne tire que les grosses bêtes. « I don’t really like fish, I’m from Kansas, I eat beef, I eat pork, I eat chicken… not fish ! » les poissons qui ne valent pas la peine d’être pris en photos envoyées à ses petits enfants, ça ne l’intéresse pas. On croise Marco, sur un bateau acier un peu décrépi. Il raconte qu’un jour il est dans ses chiottes, il voit une tache de rouille, il gratte, son doigt passe a travers, il y a un geyser qui sort, son bateau prend l’eau… il est de manière générale pas mal en galère mais se promet « plus de riz, plus de gaz : ca je ne referai plus ». Y’a aussi Christophe sur un petit 8m qui vient pour la 3eme fois en vacances aux San Blas depuis la Martinique. La dernière fois il a fait le retour au prés, a taper sans arrêt contre vent et vagues, pendant 21 jours… enfin arrive, il voulait bruler son bateau ! Quand il navigue tout seul, il ne fait pas de quarts la nuit : « je dors mes 8h d’affilée. Si je me réveille, je monte sur le pont voir s’il n’y a personne juste aux alentours mais je ne regarde surtout pas trop loin. Y’a forcement une lumière, un cargo, et la c’est un coup a ne plus pouvoir me rendormir. » Il estime que de toute façon il ne peut rien faire face aux cargos, c’est a eux de se dérouter…

Les histoires ne manquent pas, comme celle de l’épave a l’entrée de Chichime. C’est un gus qui avait déjà plante son bateau une fois, il en rachète un et le retape pendant un an a Puerto Lindo. Une fois prêt, il le sort, c’est la 1ere. A en croire toutes les versions de l’histoire, il arrive a Chichime de nuit, sans les bonnes cartes (il connait l’endroit), bourre, sous pilote auto, bref la totale, et paf le récif. Son épave se fait +/- dépouiller et plus tard, dégouté de voir son bateau éventré sous son nez en permanence il le brule. Et hop, 500$ d’amende par les gardes-côtes…

Désolés pour le manque de photos ces derniers temps, mais on essaie d'y remédier au prochain épisode, Le passage du canal (avertissement : c'est plutôt brown que blue lagoon) !