Ayé ! Nous voilà dans le Pacifique ! On a traversé le canal de Panama le 2 Mars, non sans mal, mais enfin nous y sommes. On se donne au moins 10 jours pour les préparatifs de la traversée via les Perlas jusqu’aux Galapagos puis aux Marquises, après quoi vogue la galère !
Mais oublions le roulis incessant du mouillage et notre to do-list infernale, parlons encore des San Blas. On a plein la tête les petites navigations en amoureux (nos 1ères), quelques milles à peine pour caboter d’ile en ile, les gentils dauphins 1 fois sur 2, la mer plate et du bon vent, les bons ingrédients pour de bonnes sensations de glisse avec Jotys.
Comme d’habitude, nous étions un petit peu débordés avec nos activités :
- La journée commence par 1h environ de travail, c’est une règle qu’on a inventée dans un moment d’égarement. Travail avant le p’tit dèj je précise !! Comme ça on a faim et on est efficace (mais quand ça tourne au ‘on a faim et on est de mauvaise humeur’ on arrête). Style on brique le pont, on gratte la coque (les algues poussent au moins 100 fois plus vite que les cheveux de Pef c’est une catastrophe, notre antifouling est naze), on (Pierre) remplace sous l’eau l’anode du propulseur d’étrave, on répare un placard, on nettoie le guindeau, on range le bateau (le désordre : une maladie chronique de Jotys). On peut néanmoins déroger à cette règle surtout si c’est Dimanche et que le Chef propose des crêpes au petit dèj - Manu n’est plus là mais on ne se laisse pas abattre !
- La bonne résolution précédente est caduque les jours où Pierre, à 6h du matin (normal) allume son nke et regarde son anémomètre. A partir de 14-15 nœuds de vent, il est un peu énervé. A 16-17, il est complètement excité. A + de 18, il trépigne d’impatience et tourne/saute/court dans tout le bateau, et si malgré tout ça je dors encore il dit, ou plutôt il crie « Lili, viiiiiiite, il faut sortir les kite !!! ». On tente plusieurs endroits : le 1er à Isla Verde, ça envoie trop de pâté, on fait des sauts de mabouls et y’a trop de raies pastenagues qui sautent à l’approche des kiteurs fous, magique ! (moins magiques les courbatures pendant 3 jours). Après d’autres tentatives pas très fructueuses, on trouve enfin le spot idéal à Banedup dans les Lemon Cays, du coup on y reste une semaine. Le pied ! On se paie même la traversée complète jusqu’à Chichime (à 3,5milles de là) pour aller dire bonjour aux copains sur Eolia. Ils dorment encore, on les réveille…ils ont de la chance, eux, d’être encore au lit à 8-9h. Même les Kuna sont à donf : Justino nous regarde avec intérêt le 1er jour, mais plus ça va, plus il a envie d’essayer. On lui répond : c’est compliqué et ça coûte cher… Un soir Pierre lui dit pour rire « je te fais essayer mais tu viens travailler 2 jours sur mon bateau (c’est son job à Justino, il brique les ponts, gratte les coques etc) » - il rétorque « pas de problème je vais travailler sur ton bateau » !! Le lendemain il revient à la charge « combien ça coûte un kite, 100, 1000 ? parce que je voudrais en acheter ». Les Kuna, leurs noix de coco, leurs pirogues… qui l’eut cru.
- Si pas de kite, Pierre va à la chasse, généralement avec un copain, généralement Tom de Vanille. Ca prend déjà 2-3h, au bout desquelles il rentre au bord de l’hypothermie (même à 29°, l’eau est froide au bout d’un certain temps) avec le repas du midi/soir s’il a de la chance, cf post précédent. On rapporte le commentaire de Coco sur la pêche qui nous a fait bien rire : Romain a le rapala qui le démange ! Lili se contente d’un peu de PMT mais pas trop, madame est frileuse.
| le Capt'n check son moteur |
Grâce à la solidarité des marins, on résout aussi notre problème de gaz : Daniel le Canadien nous dégotte un raccord bouteille US/détendeur. Puis on demande à tout hasard à Blow me away, le bateau voisin qui porte pavillon américain « vous n’auriez pas un détendeur de rab ? »« mais si, tenez » ah, cool ! gratos, et l’embout tétine détendeur/tuyau qui va avec. En échange de quoi ? D’une leçon de kite ! Oui, sauf qu’on essaie de faire rentrer le Ricain dans le harnais taille S de Lili, mais échec..
- Qui dit amis marins dit apéros. Et comme on a plein d’amis, on fait plein d’apéros. On rencontre des sacrés hurluberlus. Alex qui fait lui-même son vin, sa bière, son fromage, son tofu (!), son huile de cannabis… Le gars de Blow me Awa nous raconte ses histoires de pêche, il ne tire que les grosses bêtes. « I don’t really like fish, I’m from Kansas, I eat beef, I eat pork, I eat chicken… not fish ! » les poissons qui ne valent pas la peine d’être pris en photos envoyées à ses petits enfants, ça ne l’intéresse pas. On croise Marco, sur un bateau acier un peu décrépi. Il raconte qu’un jour il est dans ses chiottes, il voit une tache de rouille, il gratte, son doigt passe a travers, il y a un geyser qui sort, son bateau prend l’eau… il est de manière générale pas mal en galère mais se promet « plus de riz, plus de gaz : ca je ne referai plus ». Y’a aussi Christophe sur un petit 8m qui vient pour la 3eme fois en vacances aux San Blas depuis la Martinique. La dernière fois il a fait le retour au prés, a taper sans arrêt contre vent et vagues, pendant 21 jours… enfin arrive, il voulait bruler son bateau ! Quand il navigue tout seul, il ne fait pas de quarts la nuit : « je dors mes 8h d’affilée. Si je me réveille, je monte sur le pont voir s’il n’y a personne juste aux alentours mais je ne regarde surtout pas trop loin. Y’a forcement une lumière, un cargo, et la c’est un coup a ne plus pouvoir me rendormir. » Il estime que de toute façon il ne peut rien faire face aux cargos, c’est a eux de se dérouter…
Les histoires ne manquent pas, comme celle de l’épave a l’entrée de Chichime. C’est un gus qui avait déjà plante son bateau une fois, il en rachète un et le retape pendant un an a Puerto Lindo. Une fois prêt, il le sort, c’est la 1ere. A en croire toutes les versions de l’histoire, il arrive a Chichime de nuit, sans les bonnes cartes (il connait l’endroit), bourre, sous pilote auto, bref la totale, et paf le récif. Son épave se fait +/- dépouiller et plus tard, dégouté de voir son bateau éventré sous son nez en permanence il le brule. Et hop, 500$ d’amende par les gardes-côtes…
Désolés pour le manque de photos ces derniers temps, mais on essaie d'y remédier au prochain épisode, Le passage du canal (avertissement : c'est plutôt brown que blue lagoon) !
C'était donc un problème de déséquilibre d'éolienne....!!!! fallait y penser mais me voilà soulagée !!!
RépondreSupprimer