dimanche 11 mars 2012

Double passage du canal de Panama en 36h : qui dit mieux ?

Vla 3 articles m'sieurs dames, 3 ! Bonne lecture !

Nous partons le 29 Février de Porto Bello vers Colon. On a retenu la leçon précédente, on part avec 2 ris dans la GV, c’est suffisant pour arriver de bonne heure au Club Nautico (le mouillage le plus ripou de la terre, souvenez vous). Sans perdre de temps, Pef appelle une espèce de faux agent, Tito, et négocie un prix pour 20 pneus - nos défenses de compèt pour le canal, 4 aussières de 40m –pour se tenir au mur dans les écluses, et un faux certificat de fumigation –obligatoire pour les Galapagos. Le lendemain on poireaute une paire d’heures dans les administrations pour obtenir notre zarpe de sortie, on file à la Free Zone (la 2eme plus grande du monde après Hong Kong) acheter de l’antifouling pour cargo (bouuuh ! y’a des écolos qui ne seraient pas très content(e)s… mais ils peuvent venir gratter la coque de Jotys toutes les semaines pour voir) en prévision d’un carénage futur. On profite pour acheter des boardshort à 8 ou 10$ (seule exception à la règle : Pierre ne fait jamais de shopping, surtout pas avec moi, sauf pour des fringues de surfeur winner –ah si et la dernière fois pour un ipod). 

2 Mars, 12h, départ pour les Flats où on attend notre Advisor, avec l’équipage de Plume -Jean-Pierre, Mireille et Martine pour nous assister (il faut être 5 pour les manœuvres). A 14h15 on décolle, direction les 3 écluses de Gatun qui nous font monter de 26 mètres au total. 1ère écluse, un remorqueur (tug) se met contre le mur, le voilier Jason se colle à lui, et nous contre Jason. On monte, Pierre remarque : la barre est super dure, j’arrive pas à la bouger.. c’est peut être à cause du courant ? Les niveaux d’eau s’égalisent, on se détache. Ahh !! toujours pas de barre, on commence à partir en vrille (y’a des gros bouillons, un vrai chaudron de sorcière), « vite marche avant, raccrochez-vous ! » ordonne l’advisor. Bon, on était sous pilote auto, dans les manœuvres quelqu’un a du appuyer sur le bouton AUTO par mégarde. 2ème écluse, on répète les mêmes manœuvres.
On est à nouveau pris dans des remous infernaux, le bateau a le flanc contre le courant, on pivote, in-manoeuvrable, aie aie aie le mur se rapproche, Mireille chope vite fait un pare-bat' et réussit à amortir le 1er choc du balcon avant contre la paroi. Mais crrrrr, l’ancre râpe le mur, et le balcon s’y raye un petit peu. Quel stress ! On reste tendu à bloc pour la suite ; on traverse le lac Gatun pendant quelques heures, on se fait doubler par des porte-containers gigantesques, on suit toujours les bouées le long du Gaillard Cut.
La nuit est tombée. On aperçoit sur les berges des pelles énormes qui raclent le canal, des bennes monstres qui récupèrent des tonnes de boue, le tout dans la lumière blafarde des spots… on se croirait au cœur d’un film de science fiction, c’est démesuré, ahurissant, presque flippant. 

On arrive aux Pedro Miguel Locks qui nous descendent, puis au Miraflores Locks. Le courant nous entraine, glouglougloup y’a des turbulences dues au mélange eau douce/ eau salée, ça y est Jotys glisse, incontrôlable, comme une savonnette. Heureusement, heureusement, on a un propulseur d’étrave : une hélice motorisée qui permet faire pivoter l’avant du bateau (la plupart des bateaux de notre taille n’en ont pas). Jean-Pierre le fait tourner à fond, ce qui nous permet d’éviter le mur in extremis. Dernière écluse : Jason doit s’attacher au mur et nous, nous mettre sur son coté droit. On a un porte-contener aux fesses, qui pousse déjà pas mal d’eau devant lui, plus 2 remorqueurs côte à côte, qui nous collent au cul à 10m, et qui luttent contre le courant en envoyant des grosses marches arrières. Ce qui multiplie le courant qu’on se prend ! on arrive à pleine balle sur Jason qui ne s’est pas encore attaché, on va vite, trop vite ! Pierre fait ce qu’il peut pour freiner le bateau en faisant des coups de marche arrière mais le pas de l’hélice nous déporte fatalement à gauche, c’est la misère, on rentre dans Jason, on se coince dedans… les pneus remplissent leur boulot, ouf, pas de casse non plus. Ca y est, c’est fini ; on est épuisé, la tension se relâche un peu, mais au sortir du canal on manque encore de se prendre une épave, pourtant bien indiquée. Coup de barre à bâbord, on a eu chaud ! Il est 1h30 du mat, on mouille à la Playita, on tombe comme des masses…

mais réveil à 6h00 !!!

Eh oui, on doit se dépêcher de regagner Colon pour faire passer la canal à Plume (un Bavaria 38). Ils devaient passer le 4 Mars mais les autorités du Canal font ce qu’elles veulent : elles appellent le 2 au matin pour dire « Plume, vous passez le 3 ! sauf si vous voulez passer le 24 Mars ». Chaud chaud le timing ! On chope un taxi pour Panama City, à 8h30 on est dans le bus, à 10h30 Good Morning Colon. On gruge une dernière fois le Club Nautico. Depuis notre dernier passage ils ont changé la règle, ce n’est plus 5$ par annexe mais 3$ par personne, et un bracelet de couleur pour dissuader les tricheurs comme nous : du gros n’importe quoi, car y’a juste zéro service derrière – c’est du vol ! On se sauve aux Flats, il est 12h30. 2h de répit (sieeeeste !) et c’est reparti. 

Cette fois-ci, on a une configuration ‘normale’, comme ce que les livres expliquent en large et en travers : on est 2 bateaux accrochés ensemble, celui de gauche est attaché à gauche au mur, celui de droite à droite. Tout se passe en douceur, sans stress, sans bavure, les manœuvres sont toutes délicates, au poil. Dans le lac Gatun, on s’attache même à une tonne pour dormir 40 min (d’un sommeil de plomb) car on est en avance. Dans la dernière écluse, cette fois-ci pas de méchants tugs, et le porte-container est vide donc n’a pas besoin de faire tourner son hélice : il se laisse tirer par 2 petites locomotives sur le coté, c’est vachement plus tranquille !  A 2 monocoques, on est comme un catamaran avec ses 2 moteurs, bien plus manoeuvrable… un vraie promenade de santé que cette 2eme traversée !

On arrive à 3h du mat’ ; Jean-Pierre et Mireille nous ont laissé leur cabine à l’arrière, cabine propriétaire méga grande qui fait toute la largeur du bateau. On est comme des rois ! Et au lever, un méga petit dèj nous attend, tout est prêt… c’est comme chez Papa-Maman, en plus tout est nickel, bien rangé ; on voudrait bien rester quelques jours de plus !

Merci à Martine pour les photos ; on n'en aurait pas prises sinon ! Allez voir "Où est Jotys" et zoomez pour avoir une idée du trajet. Pour l'heure, on se prévoit un départ mercredi 14 Mars prochain pour les Perlas. Méga courses demain, le marché au fruits, les pleins d'eau et de gasoil mardi, et si Dieu veut mercredi on se tire d'ici :)

1 commentaire:

  1. ca fait peur le coup de la savonnette -) bon, contents que vous vous en soyez sortis au milieu des mastodontes! bisous bisous! xxx

    RépondreSupprimer