lundi 22 octobre 2012

Ha’apai, « friendly islands », umu & lu


Nous traversons des Vav’au au groupe Ha’apai alors que le vent est au Sud-Est. Une nuit au près (45 degrés du vent), 20 nœuds, bam, baaam, baang, ça faisait longtemps que Jotys n’avait pas tapé comme ça… On tire des bords au matin, et enfin, on arrive. Décor Tuamotu avec iles coralliennes (mais pas d’atoll) ; villages bien roots, les enfants qui nous suivent partout, et pas un seul bateau.

L’eau est claire, les coraux top, les dernières baleines de la saison encore visibles, le poisson au rendez-vous ! Pierre doit cependant retrouver ses réflexes de chasseur ; est-ce que c’est mieux de rentrer bredouille, ou d’attraper un mini soldat (plus petit que la main de Lili) qui devient tout roide à la cuisson ? (réponse : bredouille). Il se rattrape avec un pagre honorable qui finira en sushi, mmh. On change notre leurre de traine décoloré, et on installe un tout nouveau poulpi à paillettes roses. Ça marche d’enfer, coup sur coup un beau barracuda (mangé sans dommage, cru- sauce sashimi, pas de ciguaterra ici apparemment) et une bonite, ça égaie les menus ! Ce leurre nommé Kirikou (parce qu’il n’est pas grand, mais il est vaillant) finira happé par un requin alors qu’on vidait une autre bonite. Pas grave, son remplaçant a déjà chopé 2 bonites de plus ! Lili lève les filets et invente une recette fort goutue : les filets de thon sont marinés dans la sauce sashimi (ou juste sauce huitre+miel et poivre) puis couverts de graines de sésame et juste saisis. « steak de thon mi cuit en croute de sésame » MIAM.

C’est aussi la pleine saison des mangues et on retrouve la gentillesse polynésienne ; c'est-à-dire qu’on croule tout à coup sous les fruits à pain, papayes, mangues, bananes, igname (un seul mais de 3 kg, ouaouh)… offerts avec le sourire. Un dimanche on est invité à déjeuner chez une vieille dame qui nous avait donné une papaye la veille. Elle s’affaire dans la cuisine, c’est prêt : elle nous regarde manger – ça fait drôle mais ce doit être leurs convenances. Des bons petits trésors sortis du four dans la terre : on est trop fans du LU (« lou »), viande ou poisson baigné de lait de coco enveloppé dans des feuilles de taro puis roulé dans des feuilles de banane pour la cuisson sur les braises enterrées. Avec un gout de fumé, si vous saviez.. mama ! un délice ! Il y a les incontournables tubercules et du poisson. On repart  pour saluer Lepolo, la jeune fille qui nous a fait notre lessive : rebelote, sa mère nous invite à déjeuner… on ne peut pas vraiment refuser (on est trop poli) ! LU, igname, fruit à pain, papaye cuite au lait de coco… sur le chemin du retour, des jeunes nous arrêtent, « venez manger ! » oh non, pas encore… on refuse tant bien que mal d’emporter un sac plein de poulet grillé et de bon gros manioc, ouf !

C’est pas fini. A Oua, on a la riche idée d’aller rendre visite a la maitresse de l’école qui parle bien Anglais (sinon la communication est en général limitée). Son mari nous invite à un umu (toujours le repas traditionnel cuit dans la terre), rien que pour nous, le lendemain ! On arrive à 10h pour participer à la preparation. Quelques écoliers s’activent à l’épluchage des taros, patates douces… savoir préparer le umu fait partie de leur apprentissage. Je pèle des papayes, Pierre aide à faire du lait de coco en tordant la coco râpée dans des fibres de coco. On regarde le pliage savant et l’empaquetage du LU. Ils font des paquets avec du corned beef, du poisson, des bananes, toujours arrosés de pur lait de coco extra épais. Rien qu’à voir l’onctuosité du lait on salive et on anticipe le nombre de calories qu’on va emmagasiner. Les braises, dans un trou dans la terre, sont prêtes. 

On pose toute la nourriture par-dessus, on couvre avec une tôle, des feuilles de bananier et des couvertures, et on attend une bonne heure. Le festin peut alors commencer ! Non seulement c’est hyper bon, mais bien sur il y en a 3 fois trop, il est donc fatal que nous repartions avec LU, manioc, papaye-lait de coco (le strict minimum de politesse). Les dames nous raccompagnent les bras chargés de bananes vertes, mures, coco fraiche etc. Le paradis, en somme. Personne ou presque ne vient ici, on a peine à y croire après les mouillages « surpeuplés » des Vava’u. Jotys est ancré par 7m de fond sableux dans une petite piscine turquoise VIP entourée de récifs, c’est juste parfait ! Allez voir les photos...
Sommes actuellement à Nukualofa, capitale des Tonga, en attendant la bonne fenêtre pour la traversée vers la NZ, à partir de la semaine prochaine....

jeudi 4 octobre 2012

Vava’u et ses petits cochons


Quoi de neuf aux Tonga ?
- De la pluie…
- Des petits sauts de puce entre les iles, plein de mouillages proteges partout, une espece de grand  fjord labyrinthe . 

- Un super PMT ou on a vu des NEMO (poissons clowns) rentrer dans leur anémone, et plein de petits babies ! Une tres grande diversite de coraux, plus qu’en Polynesie, notamment ceux qui ressemblent a une serviette eponge beige maxi moelleuse, ou les sapins miniatures bleus ou verts.

Fanfare des enfants pour la Vava'u Regatta
- Des villages bien paumes ou les cochons courent (et grognent) partout. On a un peu de mal a savoir si les habitants nous parlent Anglais ou Tongan…

- Une messe méthodiste incroyable avec 20 choristes dans une église qui ne paie vraiment pas de mine ; les hommes en veste de costard et en bas,une jupette en paille tres seyante (habit traditionnel). Ma foi, ils ont du coffre ces Tongans, une puissance sonore digne de 200 choristes dans une méga cathédrale, qui chantent a 4 voix la plus pure musique baroque anglaise.

- On devrait tester bientôt un four polynésien, on vous dira si le cochon local cuit dans la terre est bon.



 Départ vers les autres archipels des Tonga, Hapai puis Tongatapu plus au Sud ces prochaines semaines, en attendant qu’il fasse un peu plus chaud en NZ.