Retour au mardi 21 Décembre 2011. Nous quittons Jotys ! De bon matin, nous prenons le bus direction Santa Marta. A Taganga, 15h, on tombe sur une auberge de jeunesse/agence de voyage qui organise le fameux trek à la Cité Perdue. Nous sommes en quête d’aventure, c’est pour nous ! On peut partir demain ? Oui ? Ok banco.
Au programme 5 jours de marche, 3 aller et 2 retour, tout est compris (on fait confiance). Pratique ! Le 22, un 4x4 vient nous chercher avec 4 Colombiens et 2 autres Français. On n’arrive toujours pas à payer l’agence par carte, mais ça n’a pas l’air de poser souci. « No te preoccupes », on va faire comme ils nous disent alors. 2h de route après, on quitte la nationale pour un chemin terreux qui s’enfonce dans les montagnes. 12km, nous informe le chauffeur. D’habitude, monter prend 1h, mais là comme il a plu, « 1h30, 2h, ça dépend »… il y a eu des inondations récemment avec 5 morts dans la zone et 70 maisons détruites par la crue du fleuve – en chemin, au bord de la route, nous avons vu les tentes où se réfugient les familles en attendant. Un autre 4x4 de 10 touristes nous précède. C’est épique. Les véhicules patinent comme des oufs, on sort des 4x4, certains poussent, on remonte, on frôle des précipices, on franchit des rivières, on s’embourbe, on recommence. Enfin arrivés ! Là, nous accordons nos souffles au rythme lent et pénétrant de la nature.
3 jours durant, nous gravissons des sommets, nous dévalons leurs pentes où le ruissellement de l’eau a formé des canyons miniatures, nous traversons, shorts retroussés, les rivières aux eaux claires et chantantes, nous suivons des crêtes ; à nos pieds, se dévoile un paysage de collines verdoyantes ; nous piétinons dans la boue et l’argile, nous nous enfonçons toujours davantage dans ces montagnes isolées, dans cette forêt dense et touffue, tropicale, luxuriante. Les lianes dégringolent des arbres à la stature imposante, formant une étrange chevelure. De temps à autre, des cris d’oiseaux percent le silence immobile d’une vallée.
La végétation est tantôt impénétrable et tantôt s’ouvre ; les caféiers côtoient les bananiers, la canne à sucre ondule au vent gracieusement. On attend dans un renfoncement du sentier que passent les mules chargées des victuailles pour les touristes. De jeunes caballeros de 10-12 ans les mènent et arborent fièrement leur machette à l’abri d’un bel étui de cuir coloré à lanières. On croise enfin des Indiens ‘Kogis’ vêtus d’une tunique (à peu près) blanche, sac en bandoulière pour les hommes, colliers de perles pour les femmes, la plupart pieds nus. Les enfants marchent d’un bon pas avec les animaux de compagnie : cochon en laisse, chien, âne. L’odeur de fumée nous annonce la proximité d’un village, où les huttes sont faites de de bois, de boue et d’une espèce de chaume. On se sent un peu hors du temps.
Aux pauses, après une montée raide ou avant de traverser une rivière, on se régale d’oranges juteuses à souhait ou de pastèques ultra rafraichissantes et bien sucrées que les guides ont transporté et coupé pour nous : le luxe ! Le soir, nous faisons halte dans un camp où sont suspendus hamacs et moustiquaires. On a même parfois des lits : le summum du luxe. Nous courons derechef à la rivière pour une toilette bienvenue, autant d’un point de vue personnel que pour l’atmosphère générale (en plus, c’est marqué : SVP lavez-vous bande de gluants, sinon vous allez ruiner nos hamacs –je traduis l’Espagnol à merveille). Cependant, le cuistot assisté des guides nous mitonne des plats chands, et on se fait servir d’office une énoorme plâtrée de riz, lentilles et ragoût de viande, cuisinés dans de grandes marmites noircies par sur le feu. Le diner est aux chandelles, et pour la veillée de Noël, on achète même des bières – on ne se refuse rien ! Et tous les soirs, malgré un repas pantagruélique, comme de vrais gosses, on attend l’heure de notre friandise, l’heure du GOL. C’est un genre de Mars mais avec de la gaufrette et c’est TROP BON ! Comme je fais pote avec le guide il m'en donne en rab mais je me vois contrainte de partager, sinon c'est mutinerie assurée, à la fois des mousses et même du Capitaine ! de retour à Carthagène on en achète 2 cartons (= tout le stock du magasin, soit une cinquantaine de barres… à moins que ce soit une centaine ??!) – juste en prévision.
La cité a été construite par les Indiens Taironas au VIII° et a été abandonnée vers 1600, alors que la venue des Conquistadors bouleverse et décime les populations indigènes. La forêt vierge reprend ses droits et ce n’est que dans les années 1970 que la cité est redécouverte et que les chantiers d’archéologie la mettent à jour.
L'heure du retour est arrivée, on expédie la descente à fond les ballons. Après une escale reposante à Taganga (encore un article de retard), back to Carthagène puis nous filons vers le Panama. Pour l'heure nous sommes dans l'archipel des San Blas, ou : le blue lagoon retrouvé. A très bientôt !
trop bien, la cité perdue! je suis contente que vous l'avez trouvée -) et emporté du précieux GOL dans vos coffres!!! xxx
RépondreSupprimerAu fait, votre mouillage à Mamitupu il fait un drole de jeu de mots... lol
RépondreSupprimerBon alors à votre passage près des côtes équatoriennes et avant les Galapagos (C'est un truc de dingue cet archipel: rien qu'en PMT, tu nages avec des raies manta, des requins, des otaries (flippant le papa otarie dans l'eau à 50cm de ton masque) et des tortues de mer géantissimes et pas 2 plutôt 25 en même temps!! Cf. photos sur Picassa bientôt)... bref, vous posez le voilier vers Puerto Lopez où vous serez pile pendant le période de migration des baleines grises qui sautent pour se desquamer, t'as l'impression qu'elles vont s'écraser sur le bateau tellement elle sont proches (Idem Cf. Picassa: Ecuador 2), et en 6h de bus à 5$, on vous invite dans la Sierra pour du trekking à titiller le pied des volcans à 4000 m (plus haut ça risque de vous faire mal aux poumons :p et en 5h de bus idem tu peux aller faire de la pirogue en plein Amazonie ;) En plus, c'est l'occasion pour Pef de rencontrer Olivier :)
RépondreSupprimerSinon, trop cool vos photos et encore: on en veut d'autres!!! Bonne année à tout l'équipage et gros bisous.
A+
PS: j'ai le regret de vous annoncer que le kite est interdit aux Galapagos... Mais j'ai quand même rencontré 1 kitesurfeur local qui m'a dit qu'il n'y avait jamais de contrôle... ; )
RépondreSupprimerJ'avais laissé il y a qqs jours mon 1er commentaire sur votre site, apparemment çà n'a pas marché, je réessaie. J'ai bien aimé la description du trek, et les images sont belles, le vert change du bleu ! Vous allez devenir des boucaniers à toute épreuve !
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