mercredi 13 juin 2012

Hiva Oa

On vient de se faire un petit dej de rois. Jus d’oranges pressées du jardin (du hamac à fruits sur le pont), tranches de carambole et banane mûre à point, baguette croustillante de la boulangerie du village (que Pierre est allée chercher avant 6h du mat’, sinon y’en a plus !) avec petite omelette d’œufs de sternes de l’ile aux oiseaux du mouillage d’hier, et confiture de goyaves marquisiennes faite par Hina. On est à Vaipaee, « la baie invisible » est pour nous tous seuls. Elle est pas belle la vie ? En réponse aux questions : non, on ne sait pas trop comment on va faire pour retrouver une vie normale après ça…

On est actuellement sur l’île de Ua Huka (ça y est, l’onglet « Où est Jotys » est à jour de même que « + de photos ») après avoir passé un bon moment à Hiva Oa. Atuona d’abord, la ville, l’occase de faire une chouille avec les copains retrouvés, Perséides, Céramaje et Visiteur, et de s’octroyer un (des rares) moment culture avec la visite des musées Gauguin et Brel et le cimetière où ils reposent. Puis Hanaiapa, un village charmant dans une vallée un peu paumée : tous seuls au mouillage pendant une semaine. Lorsqu’on se promène dans la rue, à tous les coups c’est « Bonjour ! –bonjour… vous voulez des bananes ? » (on s’est lancé dans les bananes séchées tellement on est submergé) ou « repassez après votre marche, j’ai des pamplemousses pour vous ». 
On se fait emmener en balade par Atiu, 16 ans, à Hanatekuua, la vallée d’à côté, où certains villageois récoltent les noix de coco et font sécher le coprah, qui finira en huile de coco et monoï à Tahiti. Un véritable havre de paix accessible en pirogue, à cheval (chaque homme a le sien, qu’il va capturer au lasso dans les plateaux) ou à pieds seulement, où les cocotiers côtoient les manguiers (on fera 2 crumble avec notre récolte) et les citronniers. On se fait inviter à déjeuner, au menu du bon cochon sauvage mijoté au feu de bois accompagné de bananes et de riz, un délice ! Tout le monde ici a 4 ou 5 chiens pour aller chasser. 

On se prépare à changer d’ile, mais les habitants nous retiennent, avec un argument imparable : ils organisent une randonnée avec nuit en montagne et descente dans la vallée de Puamau, le site où on peut voir les plus grands tiki (ancienne divinité sculptée dans la pierre) de Polynésie. On peut pas refuser, même s’il faut pour cela aller chercher les sacs à dos et les polaires tout au fond de la cabine avant –qui on le rappelle est complètement inaccessible, faisant guise de grenier : on y met les planches et les ailes de kite, les anciennes voiles et le spi, la guitare, le kayak gonflable, etc etc. On est 16 randonneurs ; 6-7h de marche le 1er jour à travers les collines, le long d’une plage, parfois en frayant le chemin à la machette (les Marquisiens étaient stupéfaits et limite inquiets pour nous quand ils se sont rendus compte qu’on n’en avait pas emporté avec nous). On est en pleine nature. 

Les pauses, c’est trop bien. On s’arrête soit sous des cocotiers (en 2 temps 3 mouvements tout le monde a sa coco ouverte, boit l’eau rafraichissante et mange la pulpe tendre –sauf nous, on n’a pas de machette, mais heureusement on nous assiste), soit sous des manguiers, soit on mange des bananes. Arrivés au lieu du campement, chacun débroussaille un peu le terrain (sauf nous, pas de machette) et se confectionne un petit matelas de branchages (sauf nous MAIS on a eu la bonne idée d’emmener des rabanes). Les hommes allument un feu et font une table avec des branches. Et là, c’est parti. Tout le monde déballe ses victuailles et partage avec les autres. On est halluciné par ce festin marquisien où on mange sucré et salé en même temps. Bonne soupe de pâtes chinoises assaisonnées avec 2-3 boites de corned beef local (ça retape !), beignets de banane, poulet mariné sauce soja, beignets tout court (de la taille d’une main) à tremper dans du lait concentré sucré, cochon salé, bœuf, poisson cru au lait de coco, riz sucré un peu gluant dont on est fan, et un gros nason (poisson) au barbecue. + notre contribution, une boite de saucisses aux lentilles… le tout arrosé d’un bon litre de vin en cubi par personne (polynésienne masculine) « pourr brroyer tout ça » (en roulant les r). Pour nous, on s’en tient à des « caillou toss » ou kaiu toss, kaiu voulant dire « petit » et toss « dose » marquisiennisé (il n’y a ni « d », ni son « zz » dans leur langue – par exemple jésus christ se dit iétu crito). On fait que de rigoler, à l’instar de nos hôtes qui sont morts de rire en permanence et blaguent tout le temps. On écoute la musique locale, les paroles ressemblent à celles du zouk love mais le son est mieux (Vahiné, j’aime quand tu danses, Vahiné, tu me mets en trranse). A un moment on écoute « les nouveautés » et là on reconnait I want to break free de Queen… 

La nuit est humide -on est un peu misérable sous notre bâche, bruyante (le 2ème effet Kiss Cool des cubis), et se termine à 4h30. On ranime le feu, ptit dèj ! Le café est servi à Pierre dans une boite de conserve de corned beef de la veille où reste un bon morceau de graisse… (ça doit retaper). C’est à nouveau une casserole pleine de corned beef, du fromage, des saucisses… !! En route à 5h30, il fait à peine clair, il n’y a pas un bruit, c’est trop calme et trop beau. Ca fait du bien de marcher ! Dorénavant on adopte le rythme marquisien et on se lève à 5h30 tous les jours (couchés 20h30). 

Arrivés dans la vallée après une longue descente, on va voir les tiki puis c’est sus à la bière. Tout le monde embarque sur les pirogues pour le retour au bercail… où nous attend encore un festin ! Ils ont sorti le grand jeu : poulet local et papayes vertes au lait de coco, quelque chose d’impensablement succulent, kaikai kina (traduction « miammiam chinois », un sauté de légumes, pâtes, haricots rouges, vermicelles), crabes crus au citron vert, fruit à pain, tarte à la papaye et beignets banane. Heureusement qu’on s’est un peu dépensé… 

On bouge à Ua Huka mais la gentillesse des gens est de pire en pire si j’ose dire, on commence à être vraiment débordé avec tous nos fruits… heureusement que Papa et Maman Lili arrivent dans 10 jours pour nous aider à manger tout ça. On n’est donc pas encore parti d’ici, à bientôt pour d’autres aventures marquisiennes (et d’autres mets, vous n’y couperez pas).

3 commentaires:

  1. allez ça faisait longtemps ....pinaise comme vous donnez du rêve les amis! encore plus avec cet énorme corossol dans vos réserves de fruits! yummy! vivement la prochaine phase! avec machette ;-)

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  2. pff ça fait rêver, oui! tous ces fruits, ces rencontres, ces paysages! très beau voyage! ça va vous faire bizarre de revenir dans des endroits où les gens du cru ne sont pas aussi accueillants!
    Merci pour ces news. Liliane, n'hésite pas à écrire, j'aime bien lire ta prose! on peut avoir des photos de vous un des ces 4?
    Claire

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  3. c cool, le café à la graisse de saucisse -)
    ca fait loin entre les différentes iles hiva?
    profitez bien de tous les fruits et du climat, ici c'est pourri, comme d'ab... on fait des garden parties sous la pluie! bon justement, il faut que j'y aille -) -sinon trop de travail, mais demain on s'envole pour toulon et les fiançailles d'etienne!
    gros bisous

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