Aruba, Bonaire et Curaçao (ABC) sont les 3 îles sœurs des Antilles néerlandaises. Nous quittons donc Bonaire le 2 Décembre, non sans mal. La veille du départ, on a invité les Canadiens du voilier Perséides à un apéro dinatoire avec pizza maisons, toasts à la brandade de morue et tout et tout ; dans l’euphorie de la soirée, 1L de rhum disparaît on ne sait comment, résultat, on a beaucoup trop la flemme d’envoyer le spi pour se rendre à Curaçao. La navigation durera 8h. On pêche un genre de petite carangue et on vient mouiller à Spanish Water, une grande baie aux eaux vert mangrove qui se découvre après s’être faufilé dans une passe très étroite. On reste 1 semaine dans cette ile charmante.
La ville de Willemstad nous ravit par son architecture hollandaise et ses grandes façades colorées. Les gars sont comme des fous, c’est un peu comme vers chez eux (avec fricadelles et Cie) mais en mode tropical ; une Amsterdam Créole en somme. Les filles ont même une permission shopping. Je repère un short-cadeau d’anniversaire pour Pierre et réussis à le faire entrer dans un magasin (dans les 1ers jours du voyage, le Capt’n’ a fendu dans toute sa longueur 1 de ses 2 shorts qui n’est pas un short de bain). L’achat est expédié en 2min 30 chrono : essaie ça, trop petit, non, ça : non, ça : oui, ok on prend, c’est fait.
On check aussi les flamingos, le domaine privé de l’hôtelHyatt (pour entrer : oui oui, on va prendre un verre – tu parles) et la fabrique de Curaçao of Curaçao, notamment les dégustations (sur lesquelles on tombe en 1erpar pur hasard). Le Curaçao bleu est fait à partir d’écorce d’oranges, pas bonnes et un peu rachitiques ; à l’origine les Espagnols ont introduit dans l’île des orangers Valencia (les oranges juteuses et sucrées qu’on connait) mais vu le climat et les sols arides ça n’a rien donné de bon. Ce sont les Hollandais qui ont découvert plus tard que l’écorce séchée de ces orangers-là contient une essence savoureuse. Après macération dans l’alcool, en rajoutant des épices et des trucs secrets, paf, ça fait des chocapics.
On profite du retour du beau temps pour randonner jusqu’au sommet du mont Christoffel qui culmine à… 375m.
Notre brave petite caisse nous est aussi utile pour aller de place en place essayer de faire réparer notre alternateur de malheur. L’alternateur est couplé à l’arbre d’hélice du bateau (c’est pas celui du moteur), donc quand on navigue à la voile, sous l’eau l’hélice tourne et entraîne l’alternateur qui devrait censément envoyer des Ampères-heures dans les batteries et contribuer ainsi à alimenter le pilote automatique, le frigo ou notre machine à laver (mais non, si on en avait une, les gars changeraient plus souvent de caleçon lol).
Déjà à Bonaire, 3-4 magasins n’avaient rien pu faire pour notre alternateur. A Curaçao, le Napa nous conseille d’aller à Auto parts, qui nous renvoie vers Motor parts. Oui, ils peuvent bien tester l’alternateur et identifient la pièce défectueuse, le régulateur. Allons donc trouver un nouveau régulateur à Auto parts (je raccourcis, mais arriver à ce point nous prend déjà 6 jours –et le lendemain on quitte l’ile). Ah non, il faut aller à Venequip à l’autre bout de la ville…ça commence à être tendu niveau timing, la Chasse au trésor (on parodie l’émission télé) commence. Manu le co-pilot coach son frère : « Vas-y mon gars, à fond ! ». « Dans 3 minutes on y est » -ça tombe bien car il est 16h55 et ça ferme à 17h. La pièce est européenne, ils ne l’ont pas, car ici tout est américain ; il faut se rendre à Napa (encore). Virage mémorable de la Picanto dans les embouteillages, devant un panneau ‘interdit de faire demi-tour’. « Vas-y fonce !! » Accélération, iiiii (crissement de pneus), tous au rappel pour éviter de se renverser, crâââc (râpage de boite de vitesse), accélération, on est bon ! Napa non plus, tentez Euro parts (Manu est toujours le nez rivé sur la carte avec 1 rue sur 5 d’indiquée, aidé de super plans gribouillés). Euro parts vient de fermer mais on doit tirer une telle tronche que le gars dans sa voiture sort et réouvre son magasin : ah oui, il avait bien un régulateur comme ça… mais c’est en rupture de stock. Suite des péripéties le lendemain. Europarts n’a pas pu avoir la pièce mais nous dirige vers notre dernier espoir DynafCaribbean, sinon « forget about it » qu’ils nous disent. Eh non, c’est pas bon mais on a encore une dernière chance, il faut se rendre à MRC (un peu à la fois, on commence à connaitre les zones industrielles de Curaçao comme notre poche). Go gogo ! mais c’est fini, ils ne l’ont pas et l’équipe jaune abandonne. Manu résume la situation : c’est comme de chercher un hamburger Quick chez un Mc Do. Partie remise ?
Tout le monde adore cette nav’ de nuit sous la pleine. Tiens ça fait 1 mois qu’on est parti ! Après avoir parcouru 65 milles, on pose pied à terre à 9h00 à Aruba pour les formalités, on se dirige vers le mouillage sous l’aéroport, on brunche à 11h30, hop un coup de dinghy et nous voilà à Oranjestad la capitale. Les bâtiments rosekitschou et les grands malls lui donnent un air de Disneyland. Après avoir marché sous le soleil, on engloutit chacun presqu’un demi litre de frappuccino au Starbuck’s du coin. En quête de bonne pizza, on se renseigne auprès d’un local : il propose le Pizza Hut à 2 pas (précisant : theysell the same shit around the world) ou alors il faut prendre un taxi. On opte pour la chaine mais on aurait été mieux au bateau, ces derniers jours les casseroles ayant vu passer un bœuf bourguignon, un poulet curry coco et ses petits légumes…
super cette escale! à part l'absence de la pièce -) bon, je connais maintenant l'origine du curacao!
RépondreSupprimerdis donc, tu pourrais remettre une police plus grande pour mes yeux fatigués? gros bisous