14 Novembre : Départ de Carriacou 6h00, cap à l’ouest, envoyez toute la toile !
On s’essaie à la navigation ‘downwind’ qui durera 35h : voiles en ciseaux, tangonnage de génois, empannages. Les dolphins sont de la partie. Grenade est dans le travers de Jotys un bon moment, puis nous la laissons derrière nous. La nav’ de nuit se passe sans encombre, les quarts s’enchainent sous la marche lente des constellations. Le lendemain, on envoie le spinnaker (certains le surnomment ‘la voile de merde’ pour le bazar que l’opération demande – ceci étant, les mousses masterisent la manœuvre) et après avoir doublé les Hermanos, une dorade coryphène nous ayant arraché au passage un de nos Poulpi (on a une très belle collection de leurres, merci Philippe et Romaing!), nous relâchons à la Blanquilla, ile du Venezuela.
A part les pécheurs et les garde-côtes (qu’on va préférer esquiver, hein…) il n’y a pour ainsi dire personne sur ce petit caillou plat bien paumé. Sous l’eau, on dévore des yeux les poissons anges énormes, les balistes titans balèzes, la flopée de poissons perroquets bleus, verts, arc en ciel, la foultitude de chirurgiens et les hordes de demoiselles. On troque un barracuda avec des pécheurs contre 2 Lorraine (bon débarras, à la longue cette bière nous sort par les trous de nez) ; l’occasion d’étrenner notre barbecue-inox – cadeau-de-départ ! Merci les copains ! Bon, 2h après, le charbon ne prend toujours pas, malgré la technique ‘PQ imbibé d’huile’ qui d’habitude, marche du feu de Dieu pour l’allumage de barbec. Les Duyck improvisent alors une mission nocturne pour aller à la rame récolter du bois sec sur la plage (à classer dans les scènes d’anthologie). 2h plus tard, le barra est au chaud dans nos estomacs… ça fait du bien !
17 Novembre, appareillage matinal pour l’archipel de Los Roques, qui appartient aussi au Venez. Après 24h de mer, on embouque la passe Sud Est dite boca de Sébastopol. C’est trop blue lagoon ! (ceci deviendra très rapidement notre rengaine, qu’on crie comme Philippe Katherine dans ‘C’est trop V.I.P !’). Dorénavant, Jotys évolue dans la palette des bleu - marine, azur, ciel, turquoise, vert, profond, en évitant les hauts fonds et leurs patates de corail. On se croirait aux Tobago Cays, la Mecque du Sud des Antilles, mais en 20 fois mieux (bien plus grand, et avec 0 (zéro) gens au lieu de dizaines de catas).
- petit dej de ouf (après avoir fait 2 fois des crêpes et 1 fois des pancakes Manu reçoit la distinction de ‘mousse admirable’)
- PMT (exploration sous-marine en Palmes Masque Tuba) – c’est comme les fruits et légumes, on en fait au moins 5 par jour pour maintenir en forme nos corps d’athlètes
- pêche de barracuda à la traine (sauf qu’après les avoir mangé crus 2x – marinés dans le citron, avec un filet d’huile d’olive, du gingembre et des oignons hachés menus, hmmm - au barbec 4x, poêlé 2x puis au court bouillon on finit par se lasser et on rejette nos 4ème et 5ème barras a l’eau)
- ascension au mât de Jotys : oui, on est bien environné de blue lagoon et d’iles de sable blanc et non, il n’y a toujours pas un pequenot à l’horizon
- sauts de puce de mouillage en mouillage : derrière la barrière de corail Est, sous le vent d’Espenqui, Sarqui, Carenero, Dos Mosquises, Cayo de Agua, Bequeve… bref, 6 jours de squat en esquivant les gardes côtes (qu’est-ce que tu préfères : payer 200$ ou 0$ ?)
- douche avec 1,15l d’eau douce (contenance d’une bouteille Quezac) au coucher du soleil, lequel est immanquablement magnifique, suivi de l’apéro et d’un bon petit plat.
C’est la grande vie !
Extraits (enregistrés à partir de 10-15jours de voyage) :
« Tiens faudrait ptêt’ que je me rase » - Pef
« Arrêtez d’ouvrir ce frigo toutes les 5 minutes ! Les batteries sont seulement à 12,1V ! » - Le Capitaine à son équipage soi-disant mal discipliné
« Je vais te latter ! » - Manu à Pef
[avec fierté] « Regarde chéwie je mets un nouveau caleçon !! » - Pef à Lili
« Pipiiii » - Maylis tous les matins, en courant à la jupe arrière
« Ils sont où les dessous de plat ? » - Pef. -> ils sont dans l’équipet de droite avec toutes les casseroles, celui qu’on ouvre à peu près 15x par jour depuis 15 jours
« Oh je suis vacciné de cette mangrove » - l’ensemble de l’équipage, vous comprendrez plus loin pourquoi.
23 Novembre 7h00. Remontez l’ancre, hissez la grand voile, envoyez le génois ! Jotys trace comme un ma-boul, pointe dans un surf à 9,9 nœuds, yeeehah, tout le monde a le sourire aux lèvres … et Manu n’a même pas fourmi (du verbe fourmir, 2ème groupe, synonyme de vomir). A 11h00 nous mouillons par 7m de fond de sable à la Isla Sur des Aves de Sotovento. Aves signifie oiseaux en Espagnol, et les parages en sont effectivement claffis. Il y en a des gris avec le bec bleu clair, la gorge blanche, les pattes palmées orange, ce sont mes préférés. Aux Aves de Sotovento, on dégotte un mouillage très chouette sous le vent d’Isla Palmera avec joli PMT et petites iles de sable blanc et désertes pas mal photogéniques (je sais, je me répète)...
Comme je vous envie!! Merci en tout cas pour ces récits palpitants! Vous me faîtes rire et vous m'en mettez plein la vue! Vos aventures me permettent de m'échapper un peu quand je suis au taf!! C'est cool! Contente de voir que tout va bien pour vous. Je vous fait pleins de bisous. Bon voyage, profitez bien (je pense que c'est déjà la cas!)
RépondreSupprimerA bientôt les cousins!
Adeline
dites donc, c'est parti pour un an de navigation au soleil ou vous aurez aussi de l'hiver? ya des noix de coco sur vos iles? (ca fait des fruits, non?)xxx
RépondreSupprimerTrop cool!! Ca fait un mois que j'allais tout les jours sur le blog pour voir s'il n'y avait pas un nouvel article et ça y est!! Trop content, ça fait bien plaiz' de voir que vous aller bien. Hey, la prochaine fois mettez des photos de vous, qu'on voit la tête du capt'n barbu et de son calçon J+10 :)
RépondreSupprimerEnjoy